Souveraineté alimentaire et développement

Nos priorités

Souveraineté alimentaire et développement

Pour combattre efficacement la faim dans le monde, nous défendons la souveraineté alimentaire, c'est-à-dire le droit des peuples à définir leurs propres modèles agricoles et alimentaires pour disposer d'une alimentation saine produite avec des méthodes durables.

Pour agir efficacement contre la faim dans le monde, il faut permettre aux populations rurales d'accéder à la terre, à l'eau, aux engrais, aux semences et lutter contre les accaparements de terres par des multinationales.

Il est temps d'agir !

La faim est avant tout une question de répartition des ressources

Premier paradoxe : les personnes souffrant de surpoids sont plus nombreuses que celles qui souffrent de malnutrition.

Deuxième paradoxe : tous les ans1,6 milliard de tonnes de nourriture sont perdues ou jetées dans le monde, soit l’équivalent d’un tiers de la production mondiale d'après une étude du Boston Consulting Group, parue en août 2018.

Troisième paradoxe : la faim touche en premier lieu celles et ceux qui... produisent des denrées alimentaires. Ainsi, parmi les personnes qui souffrent de la faim, 70% travaillent à la production de denrées alimentaires. La plupart sont des paysannes et des paysans qui vivent sur des terres trop petites ou de mauvaise qualité et manquent de ressources, les autres sont des paysan·ne·s sans terre ou des travailleurs et travailleuses agricoles. 

Ces paradoxes résultent de choix politiques et économiques.

L’industrialisation et la mondialisation de la production agricole se sont réalisés au détriment des petit·e·s exploitant·e·s qui voient à la fois leurs revenus et leurs capacités de choix disparaître progressivement.

Pourquoi parler de "souveraineté alimentaire" ?

On parle de sécurité alimentaire pour désigner une situation qui garantit à tout moment à une population, l'accès à une nourriture de bonne qualité et en quantité suffisante.

La souveraineté alimentaire prolonge et complète cet objectif en mettant les peuples, l'environnement et la justice au coeur des solutions qui permettront d'éradiquer la faim.

Selon la définition adoptée par le mouvement international paysan Via Campesina, la souveraineté alimentaire est "le droit des peuples à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles et le droit à une nourriture saine et culturellement appropriée, produite de façon écologique par des méthodes durables, sans dumping vis-à-vis des pays tiers".

Ce que nous dénonçons

L’agriculture paysanne et familiale est victime de l’extension mondiale du commerce et de l’agro-business, dans un contexte de libéralisation sans cesse accrue des marchés agricoles et de concentration des moyens de production au profit d’une poignée de multinationales.

L'une des principales menaces qui pèse sur l'agriculture paysanne et familiale est le phénomène des "accaparements de terres", par de grandes entreprises ou d'Etats qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements ou développer des productions destinées à l'export (agrocarburants, soja, huile de palme...) .

Les paysans et les paysannes sont les premières victimes de l’accroissement de la pauvreté, de la dépendance alimentaire et de la faim constaté depuis une dizaine d’années, ainsi que du changement climatique qui affecte déjà la production agricole mondiale et provoque des migrations de plus en plus importantes.

Ces problématiques sont étroitement liées entre elles et sont par ailleurs le fruit de politiques et de choix économiques mis en oeuvre sur toute la planète.

Comment nous agissons

ActionAid France - Peuples Solidaires soutient les paysans et paysannes qui se mobilisent partout dans le monde pour faire valoir leurs droits.

Nous militons pour une agriculture familiale durable, agroécologique et résiliente au changement climatique. Nos objectifs sont proches des Objectifs de Développement Durable définis par les Nations unies en 2016 :

  • défense des biens communs (eau, terre...) et lutte contre les accaparements de terres,
  • encadrement des pratiques commerciales et promotion des alternatives au libre-échange,
  • transition écologique, soutien à l’agriculture paysanne et à l'agro-écologie,
  • justice climatique, soutien des populations qui doivent s’adapter aux conséquences du changement climatique.

Nous avons lancé de nombreuses actions de soutien aux populations confrontées à des accaparrements de terre au Kenya, en Tanzanie, au Sénégal, au Cameroun... plusieurs d'entre elles ont été couronnées de succès. Nous sommes également les initiateurs de "l'Appel de Dakar contre les accaparrements de terres", signé par plus de 100 organisations à travers le monde, qui demande le respect de droits des populations pour l'accès aux ressources naturelles.

Plus généralement, nous menons des campagnes auprès du grand public et des responsables économiques et politiques pour soutenir les revendications des paysannes et des paysans, mais aussi des ouvrières et ouvriers agricoles.